J’ai été conviée à participer à la session Erasmus + à Riga en Lettonie du 4 au 6 juillet 2019 dans le cadre du projet SIMELTA. A priori, en tant qu’élève depuis 9 saisons de l’English Com’Eddy Theatre, j’avais déjà pu apprécier les effets bénéfiques de la pratique du théâtre pour l’apprentissage d’une langue étrangère, en l’occurrence l’anglais. En effet, la pratique du théâtre m’a premièrement permis de surmonter l’appréhension de la prise de parole dans une autre langue que la mienne, d’ « oser » discuter avec des personnes dont l’anglais n’est pas la langue maternelle ( et également avec des personnes pour qui elle l’est!), et in fine d’acquérir des automatismes de langue qu’un cours sans mise en situation n’aurait pu engendrer. C’est aussi en tant que professionnelle de l’éducation que j’ai participé à cette session : étant professeur des écoles dans une classe de niveau de CM2, je suis amenée à enseigner quotidiennement l’anglais dans ma classe. J’étais déjà convaincue que la mise en situation des élèves était primordiale pour apprendre une langue. En attestent les différents jeux que je peux mettre en place dans ma classe et qui sont porteurs de succès à différents niveaux : les élèves appréhendent  moins de prendre la parole dans une langue différente de leur langue maternelle, ils ont moins peur de se tromper, et par conséquent comme ils osent plus, ils acquièrent plus facilement du vocabulaire ainsi que des automatismes de langue. C’est également la deuxième année que j’ai expérimenté la mise en « action », en adaptant au niveau de mes élèves ce que je pratiquais personnellement depuis 9 ans. J’ai mis en place l’apprentissage de sketchs avec des enfants de 10 ans et le bilan a été une fois de plus positif. Les élèves ont gagné en fluidité de lecture, en aisance de diction et en capacité à dialoguer avec leurs pairs … ou avec leur maîtresse !

Ce qui a été intéressant pour moi à Riga est d’avoir pu apprécier chez des personnes d’une autre tranche d’âge (adolescents et personnes du 3ème âge) les effets que j’avais pu constater dans le cercle restreint de ma classe, même si les conditions n’étaient pas les mêmes. En effet, en ce qui concerne les adolescents italiens par exemple, les élèves avaient la possibilité d’être en groupes restreints, encadrés par plusieurs adultes, ce qui est idéal quand on apprend une langue car le grand nombre d’interactions possibles entre enseignant(s) et élève(s) favorise l’apprentissage linguistique.

 

Malheureusement, je n’ai pas pu échanger de façon optimale avec les différents acteurs présents car chacun travaillait avec un public varié et hétéroclite (adolescents, migrants, personnes plus âgées) et les situations choisies pour leurs élèves n’étaient pas forcément adaptables aux miens. Cela dit, la participation à ce dispositif m’a enrichie à différents niveaux : elle a conforté mon idée que, par le biais du théâtre, la mise en action et la mise en scène de personnes, qu’elles soient jeunes ou plus âgées, augmentent les capacités d’interaction et de développement linguistiques ; d’autre part, grâce aux échanges tenus lors de cette session de travail, je me suis constituée une liste de contacts avec le Portugal, l’Italie et la Lettonie, ce qui me servira peut-être un jour à monter mon propre projet Erasmus + avec ma classe et mon école…

Cette expérience m’a convaincue que ce type de projet qui met en lien plusieurs pays à l’échelle européenne avec des pratiques éducatives différentes sur une même thématique est un véritable levier, tant au niveau professionnel que personnel, pour créer une Europe plurielle, mais unie.

(Aurélie Boucher Modolo, professeur des écoles en Gironde)